Les derniers millésimes du vignoble chablisien

2021

 

Jusqu’au dernier jour, l’année viticole 2021 est éprouvante pour les vignerons. Depuis le gel d’avril, aggravé par un redémarrage précoce de la vigne, jusqu’aux vendanges, les changements météorologiques brutaux imposent leur tempo.

 

Les caprices du temps en juillet et début août contribuent au développement de quelques foyers de maladies, heureusement circonscrits grâces aux efforts des vignerons et au retour d’un temps sec courant août. Les vinifications doivent être très précises.

 

La tension des vins, marqueur de typicité à Chablis, est bien présente, préservée par des conditions météorologiques plutôt fraiches. Ce millésime est donc historiquement bas en volume, mais classique par son profil.

 

Les gelées

2020

Un millésime précoce et classique à la fois. Tout commence par un hiver doux et humide, la vigne débourre dès la deuxième quinzaine de mars. Puis l’été s’installe, chaud et sec. Le manque d’eau limite le volume de la récolte. Ce millésime 2020 est marqué par sa précocité. Il se distingue par son classicisme, offrant un bel équilibre, et une fraîcheur caractéristique des vins de Chablis.

 

2019

Un millésime en deux temps : froid puis chaud. Les bourgeons ont pointé le bout de leur nez en avance puis les gelées matinales sont venues griller les bourgeons à plusieurs reprises, jusqu’au mois de mai. Chaleur et sécheresse se sont ensuite installées avec des températures qui dépassent les 40°C et les pluviomètres sont restés désespérément vides. A l’aube de la récolte, les vignes demeurent saines, mais les grappes sont millerandées et les grains de raisin plutôt petits. Etonnement, l’acidité est préservée et les équilibres sont beaux. 

 

2018

Ce millésime est un cadeau du ciel, après deux années de petites récoltes. Il allie volume et qualité et redonne le sourire aux vignerons. L’hiver connait des pluies importantes permettant de reconstituer les réserves hydriques. La végétation démarre tôt, elle échappe néanmoins aux gelées de printemps. Puis, la météo favorise le bon développement de la vigne. Un été chaud et sec s’installe durablement, mais les vignes résistent au manque d’eau grâce aux réserves du sol. Les vins sont complexes, expressifs, généreux, avec une fraîcheur préservée.

 

2017

Ce millésime précoce a également connu des nuits de gel au printemps qui ont affecté le volume de récolte. L’été est maussade, humide, mais il est heureusement suivi par un mois de septembre idéal, ni trop chaud ni trop humide. A l’arrivée ce millésime affiche un bon équilibre, alliant richesse et fraîcheur.

 

2016

Un millésime plein de péripéties enchainant les aléas météorologiques au cours de la saison. Néanmoins, si la récolte s’avère de volume très modéré, la qualité est au rendez-vous. La saison clémente du mois de septembre a de nouveau apporté concentration et équilibre au raisin. Une maturation lente a permis de construire un raisin sain et mûr à cœur. Les vins ont une bonne colonne vertébrale acide qui leur permettra de durer.

 

2015

Le printemps très ensoleillé laisse présager un millésime précoce. L’été le confirme, avec une longue période chaude et sèche. Un épisode de pluie au début du mois d’août évite cependant les stress trop importants et la vigne peut continuer sa maturation. Un épisode de grêle survenu le 1er septembre décide les vignerons  à débuter les vendanges avant que les racines ne pompent l’eau présente dans le sol. Le résultat est un millésime généreux mais sans lourdeur, doté d’une belle acidité, qui rappelle les équilibres des 2005.

Les vendanges

2014

La floraison se déroule dans de bonnes conditions, chaudes et sèches. L’été qui suit est mitigé et les vignerons s’attendent à une maturation lente. Le mois de septembre est digne de la description d’un manuel de viticulture : un anticyclone s’installe ; les journées sont chaudes et sèches, les nuits fraîches. La qualité est très homogène. Un superbe millésime que les vignerons comparent à 1996 et 2002 pour sa structure acide.

 

2013

Un millésime marqué par un printemps instable, humide et gris qui a requis beaucoup de travail et d’attention. Les vignes sont à la peine dès le printemps et la coulure est importante. L’été, lui aussi mitigé, fait apparaître beaucoup de millerandage. Les rendements sont drastiquement réduits dans toute l’appellation. En contrepartie, il s’agit d’un millésime mûr avec une acidité modérée.

 

2012

Un millésime capricieux mais intéressant. Le printemps et le début de l’été sont mitigés mais la situation se redresse à partir de la fin du mois d’août. La maturité se fait attendre, le raisin mûrit à l’ombre. Début septembre, un anticyclone s’installe et met le temps au beau fixe pour une dizaine de jours. On attaque alors les vendanges par grand beau temps. C’est un millésime de maturité froide, qui donne des vins élégants et aromatiques, capables de vieillir avec succès.

 

2011

Millésime marqué par un printemps estival et surtout exceptionnellement sec. L’été est mitigé et donne un coup de frein à l’avance que les vignes avaient acquise les mois précédents. Toutefois, les vendanges débutent dès les premiers jours du mois de septembre mais certains vignerons attendent encore une semaine pour obtenir une maturité physiologique plus poussée. Un millésime de contraste où l’on trouve des vins frais et aromatiques ou plus puissants et salins.

 

2010

Si le printemps est prometteur, l’été est mitigé. Les vignerons sont cependant récompensés de leur patience car le mois de septembre est beau, seulement marqué par un épisode de pluie le 25 du même mois. Ceux qui ont attendu pressent le rythme pour ne pas voir le botrytis se développer. Au final un millésime très chablisien.

Le millésime